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FRANKLIN Aude
Post-doctorante
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Adresse visiteur Laboratoire d'Anthropologie des Mondes Contemporains Adresse courrier Université libre de Bruxelles |
Post-doctorante
Projet FRS / FNRS "Intimate Colonies. Family Memories of Colonial Africa in Belgium and Switzerland" co-dirigé par Alice Aterianus-Owanga et Sasha Newell.
Domaines d'intérêt
- Anthropologie de la parenté
- Anthropologie de la violence
- Migrations
- Anthropologie de la mémoire
Formation
2025. Docteure en Anthropologie Sociale et Ethnologie de l'EHESS. Titre de la thèse : "L'ambivalence du refuge. Une anthropologie de la parenté et de la violence ordinaire au sein des espaces domestiques des réfugié.es de République Démocratique du Congo (RDC) à Kampala (Ouganda)". Co-direction : Marie-Aude Fouéré (IMAF/EHESS) et Michel Naepels (CEMS/ CNRS-EHESS).
2024-2026 : Attachée Temporaire d'Enseignement et de Recherche (ATER) ) en Sociologie à l'Institut d'Etudes sur le Développement de la Sorbonne (IEDES / Paris 1 Panthéon Sorbonne).
2019-2022 : contrat doctoral INSHS/CNRS à mobilité internationale entre le Centre d'Etude des Mouvements Sociaux (CEMS) et l'Institut Français de Recherche en Afrique (IFRA-Nairobi).
2017-2019 : Master en Anthropologie Sociale et Ethnologie à l'EHESS.
Présentation de la recherche actuelle :
La recherche postdoctorale que je propose dans le cadre du projet Colonies Intimes vise les groupes de parenté métis et afrodescendants, congolais et belges notamment, pour appréhender la famille comme le cadre de production d'une mémoire ambivalente, plurielle et fragmentée des histoires coloniales et postcoloniales. Je propose de m’intéresser à la triple relation entre socialisation raciale, pratiques mémorielles de la colonisation, émotions et affects dans les rapports de proximité et de parenté, pour comprendre les diverses manifestations du passé dans le déroulé des interactions quotidiennes et dans le façonnement des identités, des subjectivités et des émotions. Dans le contexte belge, les processus de racialisation sont adossés à des rapports à la migration marqués par les relations coloniales ou postcoloniales, qui me semblent directement imbriqués avec les pratiques de transmission intergénérationnelles (filiation/descendance) et intragénérationnelles (germanité, alliance) des histoires de la colonisation. En considérant la mémoire comme une pratique sociale, je m’intéresserai donc aux actes de transmission intergénérationnels et intragénérationnels permettant d’acquérir des connaissances et de se situer, tantôt par rapport à un récit hégémonique et consensuel de la colonisation, tantôt par rapport à des membres ou des groupes de sa parentèle en fonction de variables sociologiques diverses : genre, âge, génération, classe, race. Derrière l’idée d’une mémoire unique et homogène de la colonisation au sein d’une même « famille » ou d’une même génération, je propose une étude des tensions et des contradictions pour rendre compte du poids variable de l’héritage colonial sur les personnes, des pratiques mémorielles et des émotions ambivalentes qu’il suscite.
Présentation des travaux passés / de la thèse :
À rebours des recherches en sciences sociales sur le (post)conflit et la migration qui font souvent de la parenté un refuge face à la violence armée et étatique ou, à l’inverse, une source de menace et de violence stricte en migration, cette thèse s’intéresse à l’ambivalence de la parenté des réfugié.es de République Démocratique du Congo (RDC) présent.es à Kampala, la capitale de l’Ouganda. Par « ambivalence », la thèse entend décrire les expériences divergentes, voire contradictoires, qu’ont les réfugié.es de leurs rapports de proximité et de parenté, entre exploitation et entraide, menace et refuge, violence et protection. L’attente d’un programme de réinstallation des Nations-Unies en vue d’un transfert vers un troisième pays du Nord global, l’absence d’aide matérielle régulière, ou encore la gestion humanitaire et religieuse de la parenté des réfugié.es, offrent un terreau propice à l’exercice de la violence ordinaire. Au croisement de l’anthropologie de la parenté, de l’anthropologie politique de la violence et de la sociologie des migrations, cette thèse mêle plusieurs démarches. La première propose de réhabiliter l’ambivalence des rapports sociaux, en vue de les décrire dans leur banalité et leur exceptionnalité. Par une entreprise descriptive et empirique, il s’agit de déconstruire le primat de la parenté comme entraide, refuge et protection en vue de s’intéresser à la complexité des vécus dans l’immédiat des situations décrites. La deuxième démarche vise à analyser les conditions politiques, plurielles, qui façonnent les expériences de la menace et du refuge. La porosité des dispositifs religieux et humanitaires en matière de gestion de la parenté des réfugié.es participe à la constitution des liens d’alliance et de filiation comme un espace de protection mystique et physique strict, face à l’environnement dangereux de RDC et de Kampala, quand bien même de l’exploitation, de la menace et de la violence pourraient être vécues en interne. La troisième démarche entend développer une approche situationnelle et pragmatique de la parenté en vue d’appréhender les mécanismes de formation, de maintien et de démantèlement des rapports sociaux dans le présent de Kampala. Cette thèse s’appuie sur une ethnographie de dix-neuf mois, réalisée entre 2021 et 2023 au sein des espaces domestiques des réfugié.es de RDC, des églises pentecôtistes, des associations et des ONG, essentiellement localisés dans deux quartiers de Kampala, Katwe et Nsambya.
Enseignements sélectionnés :
Socio-anthropologie du développement, L3, Paris 1 Panthéon-Sorbonne (2025-2026).
Initiation à la recherche qualitative, M1, IEDES/Paris 1 Panthéon-Sorbonne (2024-2026)
Contestation et reconfigurations politiques. Atelier Pays, M2, IEDES/Paris 1 Panthéon-Sorbonne (2024-2026).
Mesure du Développement. Atelier Violence(s), M1, IEDES/Paris 1 Panthéon-Sorbonne (2025-2026).
Techniques de la recherche en sciences sociales : observation, entretien, questionnaire, L3, Université Sorbonne Paris-Nord (2021-2023).
Introduction à l'anthropologie et à la sociologie, L1, Université Sorbonne Paris-Nord (2021-2022).
Publications :
Franklin, Aude. 2026 (forth.). " 'I am going to become head of a family. It's the end'. Biographical doubling, anchoring and self-fixation amongst Congolese refugees in Kampala, Uganda". In Droz, Yvan et al. Self-Accomplishment and Moralities in Eastern Africa. Africae.
Franklin, Aude. 2026 (forth.). "Fabriquer la ville éphémère. Parenté, attente et construction du transitoire par les réfugié.es de République Démocratique du Congo (Kampala, Ouganda), Emulations.
Atuhumuze Faith et Franklin, Aude. 2025. "Réfugié.es en Ouganda. Les usages (géo)politiques de l'accueil", The East African Review, 60 [en ligne].
Franklin, Aude. 2024. "Tâtonner au coeur de la menace. L'empoisonnement du pasteur Aron, réfugié de RDC à Kampala (Ouganda)", Cahiers d'Etudes Africaines, 253 (1) : 83-102.
Franklin, Aude. 2021. "Je te l'ai bien dit, j'ai pas de soeur. Les effets de l'écriture autobiographique sur la relation d'enquête, Kampala, Ouganda". Sources. Materials & Fieldworks in African Studies 3 (1) : 69-98.